Réflexions / Gouvernance de l’investissement
GOUVERNANCE DE L’INVESTISSEMENT
Les comités d’investissement occupent une place centrale dans la gouvernance des investissements immobiliers.
Ils valident les stratégies d’investissement.
Allouent le capital.
Examinent les performances.
Valident les évolutions significatives.
Et déterminent les décisions qui nécessitent l’autorité du propriétaire.
Mais les investissements n’évoluent pas au rythme du calendrier des comités d’investissement.
Le développement se poursuit entre les réunions.
Les décisions également.
Prenons l’exemple d’une holding d’investissement du GCC développant un actif mixed-use sur un nouveau marché africain.
Le comité d’investissement a validé l’acquisition, le business plan, la stratégie de développement et l’allocation du capital.
Une équipe locale de développement a été constituée. Architectes, ingénieurs, conseils financiers, juristes, spécialistes commerciaux et autres experts exercent leurs responsabilités respectives.
La gouvernance formelle est en place.
Le comité d’investissement se réunit périodiquement pour examiner l’avancement et valider les sujets importants.
Entre ces réunions, pourtant, l’investissement continue d’évoluer:
La plupart de ces sujets ne justifient pas de réunir un comité d’investissement.
Leur effet cumulé peut néanmoins influencer l’investissement qui lui sera présenté lors de la prochaine revue.
Chaque spécialiste impliqué dans le projet assume une responsabilité définie:
L’architecte protège l’intégrité de la conception.
Les ingénieurs protègent la performance technique.
Les conseils juridiques protègent la position juridique.
Les spécialistes financiers protègent la structure financière.
L’équipe de développement protège l’exécution.
Chacun apporte une expertise essentielle.
Mais aucune de ces responsabilités ne consiste à représenter, dans son ensemble, l’objectif d’investissement du propriétaire.
Cette distinction est importante.
Chaque discipline peut parfaitement remplir sa mission tandis que l’investissement, dans son ensemble, continue d’évoluer.
La gouvernance ne peut donc pas se limiter aux moments formels de validation.
Elle doit également assurer la continuité entre eux.
Cela ne signifie pas transférer au projet l’autorité du comité d’investissement.
Cela ne signifie pas davantage impliquer le propriétaire dans les décisions opérationnelles.
Il s’agit de maintenir une perspective exécutive capable d’apprécier les évolutions significatives au regard de la thèse d’investissement et d’identifier celles dont les conséquences nécessitent l’attention du propriétaire.
Certaines décisions restent dans le cadre des délégations existantes.
D’autres nécessitent un arbitrage.
La distinction ne dépend pas uniquement de l’importance apparente de la décision, mais de son impact potentiel sur l’investissement.
Entre deux comités d’investissement, des centaines d’interactions peuvent avoir lieu.
La plupart relèvent normalement des responsabilités des équipes projet.
Certaines influencent progressivement le risque, le positionnement, l’allocation du capital ou la création de valeur.
La représentation exécutive assure la continuité dans cet espace de gouvernance.
Elle ne remplace pas le comité d’investissement.
Elle ne remplace pas les équipes projet.
Elle maintient le lien entre les deux.
Les intérêts du propriétaire restent ainsi représentés pendant que l’investissement évolue, et pas uniquement lorsque la gouvernance formelle se réunit.
Car la question pertinente n’est pas simplement :
Quand aura lieu le prochain comité d’investissement ?
Elle est :
Qui représente les intérêts du propriétaire jusque-là ?
La représentation exécutive commence par une conversation.